86 ans de bons et loyaux services !

Après la Première Guerre Mondiale, la saturation de la gare de Lyon-Perrache – alors dans sa configuration de 1890 – liée à l’accroissement continu du trafic ferroviaire sur la ligne de Paris à Lyon incita la compagnie P.L.M. à réagir. Une refonte profonde du plan des voies fut décidée, avec création de nouvelles voies du côté de l’actuelle rue Dugas-Montbel, allongement des quais, dédoublement le viaduc existant sur la Saône, dédoublement du viaduc sur le Rhône, les deux étant alors à deux voies. Ces différents travaux imposent le renouvellement des postes d’aiguillage mécaniques existants, incapables de faire face à l’accroissement projeté du trafic. Le nouveau poste 2 est mis en service en 1925, le nouveau poste 1 en 1930. Tous deux sont des postes électromécaniques à poignées d’itinéraires, fabriqués par Thomson-Houston, et figurent parmi les technologies les plus abouties de l’époque. Un poste 3 attaché à Lyon-Perrache, bien que situé de l’autre côté du Rhône, complète l’ensemble.

Après-guerre, de grands chantiers d’électrification des lignes ferroviaires sont lancés par l’Etat, de manière à – notamment – diminuer la consommation de charbon par la SNCF, l’objectif étant d’affecter ces ressources libérées à d’autres industries très consommatrices. L’électrification de la ligne de Paris à Lyon, décidée en 1944, atteint Lyon en 1952. Le poste 1 est alors modernisé et adapté : mise en place de nouveaux enclenchements de sécurité, adaptation à la signalisation automatique lumineuse (B.A.L, pour Block Automatique Lumineux). Les postes 2 et 3, affectés à la gestion de la partie Est de la gare, sont à cette occasion fusionnés et entièrement reconstruits, le poste 1 demeurant le seul poste électromécanique à Lyon-Perrache.

Par la suite, les installations du poste d’aiguillage évoluèrent peu, bien que la radio, l’informatique, l’électronique, affectèrent d’autres domaines (suivi des trains, communications entre les postes d’aiguillage et avec les mécaniciens, travail administratif, etc.). La cabine fût bien sûr rénovée et modernisée de manière régulière (sols, plafonds, fenêtres, etc.) jusqu’à totaliser trois épaisseurs de linos sur le plancher et six couches de peinture sur le pupitre de commande… !

En novembre 2016, le poste 1 et le poste 2 sont désaffectés, les installations de la gare de Lyon-Perrache étant désormais commandées par un poste d’aiguillage à technologie informatique, situé près de la gare TER de Jean Macé.

L’étude pour la reconversion du poste est entamée en 2017. Le projet est lancé début 2019 et entre dans une phase opérationnelle en 2020.